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Le lundi 20 octobre 2008
Jacques ATTALI s’exprime sur la crise financière, qu’il qualifie lui-même de « Tsunami ».
Economiste, chef d’entreprise ou encore écrivain, Jacques ATTALI est sans doute le mieux à même pour traiter ce sujet, puisqu’il avait annoncé l’arrivée de cette crise il y a déjà plus d’un an.
Après avoir été accueilli très chaleureusement sous une pluie d’applaudissements, Jacques ATTALI prit la parole et commença par aborder les causes de l’effondrement du système bancaire.
Pour lui, la situation actuelle ressemble à celle de 1929 car, dans les deux cas, « on a laissé les gens s’endetter sur des valeurs fictives, mais comme le système est aujourd’hui beaucoup plus puissant et interconnecté, la crise a pris une ampleur beaucoup plus grande ». Il précise que les spéculateurs sont les responsables de ce désastre financier et regrette l’absence d’un « état de droit » dans un marché devenu aujourd’hui global.
Le capitalisme financier est le grand vainqueur de cette crise ; « non seulement il a empoché des bonus mais, en plus, il réussit à faire payer ses pertes par les contribuables », ironise-t-il.
« Le gros de la crise n’est pas derrière nous, c’est pourquoi il ne faut pas se contenter d’être spectateurs ». Face à cette crise, Jacques Attali prône la mise en place de mesures urgentes et structurelles, à l’échelle internationale : d’une part, il doit être interdit aux banques de spéculer à terme sur des opérations sans fondement économique réel et, d’autre part, celles-ci doivent s’engager à ne plus travailler avec des institutions telles que les hedge funds, situés dans des paradis fiscaux. Il s’est surtout prononcé en faveur de l’instauration d’un « état de droit mondial » permettant de fixer les règles et de contrôler le marché.
En ce qui concerne l’Europe, il se veut rassurant, « notre système financier étant plus solide que celui des américains », et se félicite de la politique conduite par Nicolas Sarkozy, en tant que Président de l’Union Européenne.
Jacques ATTALI a également pris soin de rappeler les actions de PlaNet Finance, dont il assure la présidence. Il s’agit d’une association spécialisée dans le Micro crédit consistant à octroyer aux plus démunis de l’argent pour financer leur projet. « Aujourd’hui, 80% de la population mondiale n’a pas accès à la banque », se plaît-il à préciser. Convaincu que la Micro finance constitue le « véritable avenir du système financier mondial », il souhaite un capitalisme financier au service de l’industrie mais aussi des plus pauvres.
Jacques ATTALI a enfin évoqué le rapport qu’il a établi, à la demande de Nicolas SARKOZY, sur la libération de la croissance française. « Le jour où il est sorti », dit-il, « on n’a mis en exergue que les lignes sur les taxis, on n’a pas vu qu’il y avait 3 pages dénonçant la spéculation financière et les risques et proposant des solutions ». Celui-ci ajoute que la plupart des points majeurs de ce rapport sont aujourd’hui en application.
Son exercice de pédagogie sur la crise financière a été particulièrement réussi grâce à des explications limpides qui ont permis de bien comprendre un sujet pourtant technique.
Au plaisir de vous revoir, Monsieur ATTALI !
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