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Les gestes répétitifs sont-ils seuls responsables des troubles musculo-squelettiques Version imprimable Suggérer par mail
Les troubles musculo-squelettiques représentent 70 % des maladies professionnelles déclarées.

Ces affections sont décrites dès 1975 dans le tableau 57 de la nomenclature de la sécurité sociale sous l'appellation "affections péri articulaires".
 
- Un nombre croissant de salariés en souffrent, quel que soit le type d'activité de l'entreprise (plus de 30 % d'augmentation au cours de ces cinq dernières années).

Pour l'instant, rien n'enraye ce phénomène car, pour ce faire, il faudrait non seulement faire appel au corps médical (ce qui est fait depuis longtemps) mais en plus à divers acteurs de l'entreprise qui devraient s'impliquer, dans la plupart des cas, davantage.

Tous les aspects organisationnels et psychosociaux devraient être pris en compte car une part prépondérante dans l'apparition de ces affections vient des conditions de travail et du management.

La production de gestes répétitifs ne représente qu'une cause parmi de nombreuses autres.

Pour essayer d'éradiquer ce fléau, plusieurs voies ont été mises en place.

Parmi les plus importantes, on note :
 
- La polyvalence : elle a été communément admise comme l'arme principale absolue de lutte contre les tms et est très souvent appliquée; Ce principe consiste à faire changer d'activité l'opérateur. Cela permet de faire travailler d'autres muscles et donc d'autres tendons. Beaucoup de précautions sont cependant à prendre au niveau de la qualité de l'apprentissage, du dimensionnement des postes qui, en ne convenant pas à tout le monde, peuvent provoquer de mauvaises postures. Les postes choisis en fonction des impératifs de la production nécessitent-ils réellement des gestes très différents ? Dans la pratique, ce n'est pas toujours évident.
 
Dans certains cas, on a vu la productivité baisser ainsi que la qualité à cause d'un apprentissage insuffisant et de l'impossibilité d'acquérir en un temps suffisamment court un "tour de main"
 
- La réduction du temps de travail : le passage aux 35 heures a augmenté la densification du travail (chasse aux temps morts et réduction des pauses qui permettaient aux salariés de "récupérer").
 
- La rationalisation des postes de travail et des processus opératoires : les bureaux méthodes ont cherché à réduire les déplacements, l'ampleur gestuelle, et à augmenter la simplification du mode opératoire. Cela a peut-être favorisé une réduction des efforts liés à l'amplitude mais a contribué à une augmentation de la fréquence gestuelle.
 
La plupart des opérateurs perçoivent négativement cette démarche. Ils y voient :

  • Un manque d'intérêt dans leur travail
  • Une perte d'autonomie
  • Une sensation de dépendance vis-à-vis des possibilités de la machine et de l'encadrement
  • Un effet d'isolement venant de la réduction des déplacements (jugés improductifs).
 
Ces divers aspects concourent à l'apparition des tms.
 
Beaucoup d'autres éléments favorisent l'apparition des tms tels que : la qualité de la matière première plus ou moins difficile à travailler lors du changement d'un fournisseur, la conception de l'outillage, les moyens de manutention, les emballages, les conditionnements…
 
En contrepartie, il faut souligner qu'un management adapté représente un élément essentiel à la réduction des tms, surtout s'il contribue à une bonne entente et une solidarité dans les équipes. Cela favorise :

  • Des échanges d'idées sur le "savoir-faire" et la réduction des pénibilités
  • La répartition spontanée du travail en cas de surcharge ou de dysfonctionnement
  • L'amélioration des marges de manœuvre
  • La reconnaissance des compétences face à la hiérarchie

En conclusion, on sait depuis longtemps que les causes d'apparition de tms sont très diversifiées et que leur maîtrise n'est pas du seul ressort du médecin du travail.

Mais l'amélioration de l'organisation de la production, de l'ergonomie, de la logistique, du management contribue également à la réduction des tms.
 
Souvent, une aide extérieure permettrait d'apporter des progrès en la matière. En résumé, la réduction des tms est l'affaire de tous.

Jean-Michel Boulesteix
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